Mémoire de travail
Newsletter 7 Octobre 2025
Table des matières
« Il connaissait sa leçon la veille. Aujourd’hui, il a tout oublié »
« J’ai l’impression qu’on repart à zéro chaque soir… comme si tout ce qu’on avait travaillé s’effaçait pendant la nuit. »
Si ces situations te semblent familières, tu sais à quel point c’est décourageant.
Mais comme tu t’en doutes, ça n’a rien à voir avec la paresse ou le désintérêt.
C’est juste que sa mémoire ne fonctionne pas tout à fait comme la nôtre.
On l’imagine parfois comme un grand coffre où s’accumulent les connaissances.
Moi, je vois plutôt la mémoire comme une commode.
Les tiroirs représentent la mémoire à long terme :
- la mémoire épisodique: nos souvenirs personnels (un anniversaire, une première fois…),
- la mémoire sémantique: nos connaissances générales (le nom des planètes, les règles de grammaire…),
- la mémoire procédurale: nos automatismes et savoir-faire (faire du vélo ou attacher ses lacets)
Et puis, au-dessus de la commode, il y a la mémoire de travail.
C’est un petit espace mental qui sert à garder temporairement les informations dont on a besoin sur le moment.
Le temps de les comprendre, de les comparer, de faire un raisonnement ou de suivre une consigne.
Et c’est là que tout se complique… parce que chez les enfants DYS, ce petit plateau se remplit plus vite que chez les autres.
Leur mémoire de travail est souvent limitée. Difficile alors de garder plusieurs informations en tête à la fois — un mot, un chiffre, une consigne.
Résultat : la lecture, le calcul ou l’écriture s’automatisent plus lentement, et chaque tâche devient plus coûteuse en énergie.
Cette surcharge explique une grande part de leur fatigue scolaire.
Apprendre est un vrai travail d’équipe entre plusieurs mémoires.
Pour comprendre et retenir, il faut garder l’information en tête (mémoire de travail), résister aux distractions, la relier à ce qu’on sait déjà en allant chercher les connaissances stockées en mémoire à long terme.
Et une seule exposition ne suffit pas. Pour qu’une information s’ancre durablement, il faut la retrouver, la retravailler, la réactiver plusieurs fois.
C’est pour cela que la mémoire de travail compte énormément dans les apprentissages.
Et qu’elle est l’un des meilleurs prédicteurs de la réussite scolaire, au même titre que le QI.
Inversement, des déficits de mémoire de travail augmentent statistiquement le risque de difficultés scolaires.
Alors, que faire au quotidien ?
Comment aider ton enfant
Première piste : soulager sa mémoire de travail.
L’idée, c’est de réduire la charge immédiate, pour qu’il garde de l’énergie pour réfléchir et apprendre.
Donne-lui une consigne à la fois , laisse-lui le temps de la digérer avant de passer à la suivante.
Écris ce qu’il doit retenir, ou fais-le avec lui : un petit dessin, un mot-clé sur un post-it, une couleur qui distingue les étapes.
Les repères visuels allègent sa mémoire de travail et l’aident à rester concentré sur sa tâche.
Et quand il répète la consigne ou la leçon avec ses propres mots, il ne fait pas que vérifier sa compréhension : il commence déjà à l’ancrer.
Moins il devra tout garder “en tête”, plus il pourra mobiliser son énergie pour réfléchir, raisonner, apprendre.
Mais alléger ne suffit pas : il faut aussi donner plus de chances à l’information de s’ancrer.
Parce qu’un apprentissage, ce n’est pas juste une donnée à stocker. C’est un souvenir à fabriquer.
Opte pour un apprentissage multisensoriel
Plus un apprentissage passe par différents sens — voir, entendre, toucher —, plus il a de chances d’être retenu.
Lire un mot, l’entendre et l’écrire, par exemple, aide à le mémoriser, car ces actions se complètent dans le cerveau.
Elles ouvrent plusieurs portes d’entrée vers la même information, ce qui facilite son rappel plus tard.
On bouge !
Parce que le mouvement peut aider.
Quand on bouge en apprenant — qu’on écrit, qu’on mime ou qu’on marche —, le corps et l’esprit travaillent ensemble, cela favorise l’attention et l’encodage.
Cela crée plus de “ponts” dans le cerveau, et l’information revient plus facilement quand on en a besoin.
Lie les apprentissages aux souvenirs
Tu peux relier une leçon à une expérience vécue “Tu te souviens, on avait vu ça au musée ?
Ça permet à sa mémoire épisodique de prendre le relais.
On retient mieux ce qui nous touche
Quand l’apprentissage s’accompagne d’une émotion positive — un jeu, un défi, une réussite partagée en famille — il s’ancre encore mieux.
Les émotions, surtout quand elles sont positives ou marquantes, renforcent la mémorisation.
Elles agissent comme un véritable indice de rappel : ce que l’on a ressenti avec joie ou fierté se retrouve plus facilement.
En aidant ton enfant à mieux gérer sa mémoire de travail et à renforcer sa mémorisation par différents chemins, tu lui donnes les moyens de progresser sans s’épuiser.
Alors oui, certains matins, tu auras encore l’impression qu’il a tout oublié.
Mais en réalité, rien ne s’efface : tout ce que vous travaillez ensemble se range petit à petit dans sa commode.
Chaque répétition, chaque réussite, chaque tentative maladroite vient remplir ses tiroirs un peu plus.
Et un jour, sans prévenir, tout ce travail refera surface.
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