Confiance et apprentissage

Newsletter 12 Août 2025

Table des matières

Pour beaucoup d’enfants DYS, la journée d’école commence dans l’appréhension.

Lecture à voix haute, contrôle de maths, rédaction…
Autant de moments où ils savent qu’ils peuvent se sentir en difficulté.
Autant d’obstacles que leurs camarades ne voient même pas.
Qui, à force, finissent par grignoter leur confiance.

Les chiffres le confirment. En moyenne, les enfants DYS se sentent moins capables que les autres élèves.

Et les voilà privés d’un atout essentiel pour réussir à l’école et dans la vie. Parce que la confiance en soi, ce n’est pas un bonus.

C’est un levier important pour apprendre, persévérer et s’épanouir pleinement.

Des chercheurs ont suivi des centaines d’élèves et ont découvert un truc simple : ceux qui croient en leur capacité à réussir… réussissent mieux.

C’est ce qu’on appelle le sentiment d’auto-efficacité. En gros, la petite voix qui dit “tu peux y arriver”. Quand elle est là, les notes suivent plus facilement.

L’université d’Oxford a analysé les données de plusieurs études américaines.
Plus de 2000 enfants suivis pendant 7 ans.

Résultat : le niveau de confiance en soi prédit mieux la réussite scolaire que les notes, le QI ou le statut économique.

 

C’est dingue, non ?

Mais quand on creuse un peu, c’est assez logique.

 

Bandura, le psychologue qui a popularisé le concept d’auto-efficacité, a démontré que cette confiance influence la quantité d’effort qu’on est prêt à fournir. Et la persévérance face aux difficultés.

Sans confiance, l’enfant se dit : “À quoi bon ? De toute façon, ça ne servira à rien.”Avec confiance, il ose participer, poser des questions en classe, et s’accrocher quand c’est plus difficile.

Naturellement, il obtient de meilleurs résultats.

 

Ensuite, les élèves plus confiants ont plus tendance à voir l’échec comme une étape normale du processus d’apprentissage plutôt qu’une preuve de leur incompétence.

Chaque obstacle surmonté devient alors une preuve qu’ils pourront relever les défis à venir.

Comment la confiance en soi se construit-elle ?

Au début, presque entièrement à travers notre regard. À nous les parents. Un enfant qui sent qu’on croit en lui, qu’on le voit capable, intègre petit à petit cette image de lui-même.

Puis, l’école entre en scène.
Et là, l’enfant commence à se comparer :
Il lit plus vite que moi… elle fait moins de fautes… je suis toujours le dernier à finir.”Un enfant placé en échec constant finit par se sentir incompétent et perdre confiance.

Et ce n’est pas qu’une question d’école “difficile” ou non. Car les enfants dyslexiques scolarisés dans des écoles spécialisées ont une meilleure estime d’eux-mêmes que ceux restés dans des classes traditionnelles.

Pourquoi ? Parce qu’ils se sentent compris, entourés. Et qu’ils peuvent progresser sans être comparés en permanence à des normes qui ne leur correspondent pas.

Ce qui peut changer la donne

1. Travailler sur l’état d’esprit

Commence par parler avec ton enfant de ce qu’il pense de l’intelligence. Beaucoup d’enfants — et pas seulement ceux avec un trouble DYS — imaginent qu’on naît “doué” pour certains domaines ou simplement “pas intelligent”.

Or, les recherches de Carol Dweck, psychologue à Stanford, montrent que si ton enfant comprend que ses capacités peuvent évoluer, il sera plus motivé et plus résilient.

C’est un peu comme quand ton enfant rate un panier au basket. Et comprend qu’en s’entraînant, il finira par marquer plus souvent.

2. Lui donner les clés pour comprendre son trouble

Les enfants qui savent expliquer pourquoi certaines tâches leur sont plus difficiles ont tendance à moins se dévaloriser.Une étude a même révélé que les enfants DYS dont la famille est bien informée ont une meilleure estime d’eux-mêmes.

Parce que savoir “ce que j’ai” et “ce que ça implique” change le rapport qu’on entretient avec ses difficultés. Elles deviennent un paramètre à prendre en compte, pas une fatalité.

3. Interpréter les ratés comme temporaires

La façon dont on explique un échec façonne directement la façon dont l’enfant le vit.

Si, après une mauvaise note, il entend “Tu n’es pas bon en maths”, il intègre que c’est une incapacité permanente. Qu’il n’y a rien à faire.

Si, à la place, il entend “Cette règle est encore compliquée pour toi, mais on va la retravailler”, il dissocie l’échec de sa valeur personnelle. Il comprend que ce n’est que temporaire.

C’est comme voir une graine qui n’a pas encore germé, pas un terrain stérile.

4. Valoriser les efforts, pas seulement les réussites

Chaque fois que tu soulignes l’investissement plutôt que le résultat, tu envoies le message : “Tu as du pouvoir sur ce qui t’arrive.”

Et plus un enfant croit que ses actions comptent, plus il agit.

5. Encourager l’exploration et l’autonomie

Prendre des décisions, tester, se tromper, recommencer… toutes ces petites expériences développent le sentiment d’auto-efficacité dont je te parlais avant.

L’autonomie est un pré-requis à la confiance en soi.

6. Chercher un soutien professionnel si nécessaire

Une faible estime de soi est un facteur de vulnérabilité : elle augmente le risque de troubles anxieux et dépressifs.

Si ton enfant se dévalorise souvent ou montre des signes de mal-être, un psychologue peut l’aider à reconstruire une image positive de lui-même.

La confiance en soi, ce n’est pas comme la couleur de nos yeux. Elle n’est pas figée. Même si ton enfant a déjà accumulé des échecs ou des remarques blessantes, chaque jour est une nouvelle occasion de semer des graines qui feront grandir cette conviction intime : “Je peux y arriver.”

Ce n’est pas un grand discours ou une méthode miracle qui changera quoi que ce soit.

Mais la répétition de petites choses : un mot qui encourage, un regard qui valorise, une posture différente. C’est ce tissage discret, fil après fil, qui devient une véritable armure intérieure contre le doute.

Et cette armure, c’est toi qui peux l’aider à la construire. Pour qu’il se sente plus fort, même dans les jours difficiles.

Si cette lecture t’a donné des idées, pense à un parent à qui elle pourrait être utile, et transfère-lui. J’ai mis 6 heures à l’écrire… ça ne te prendra que 6 secondes à partager et ça m’aidera beaucoup.

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